2ème édition du programme d'innovation
dédié aux maladies du système digestif

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Concours d’innovations contre les maladies digestives

Concours d’innovations contre les maladies digestives

Une compétition de 48 heures a réuni programmeurs, patients et professionnels de santé pour inventer des solutions numériques.

Par Damien Mascret

 

Le DigHacktion a réuni dans l’enceinte de l’Inseec, à Paris, des geeks, des patients et des professionnels pendant un week-end. Dighacktion

Shemine Asmina, maman de Nahil, un petit garçon de 3 ans atteint d’une maladie rare digestive, est encore sous le coup de l’émotion: «C’était une expérience incroyable, je suis bouleversée d’avoir rencontré autant de monde pour m’aider à faire aboutir mon idée d’application numérique», témoigne la présidente de l’association LHF Espoir. Elle vient de remporter le prix coup de cœur du jury du premier hackathon des maladies digestives, le DigHacktion, fondé par dix-sept associations, fédérations et sociétés savantes. Un concours qui réunit dans un lieu unique, l’Inseec (Paris), des geeks, des patients et des professionnels pendant un week-end.

«Il n’existait à notre connaissance aucun événement similaire dans notre discipline, explique le Pr Frank Zerbib, chef du service d’hépato-gastro-entérologie du CHU de Bordeaux. Nous avons lancé le DigHacktion pour dynamiser l’innovation numérique dans notre domaine. L’histoire nous a donné raison puisque 46 projets ont été proposés, un chiffre que nous n’attendions pas!»

Des projets concrets ont vu le jour dès les premières 48 heures

Le Pr Stéphane Nahon, chef du service d’hépato-gastro-entérologie de GHI de Montfermeil

Surnommé «Gastro Geek» par ses collègues, le Pr Stéphane Nahon, chef du service d’hépato-gastro-entérologie de GHI de Montfermeil, présent au DigHacktion, est enthousiaste: «Nous avons été conquis par la collaboration des jeunes talents tant sur le plan du codage informatique, du design et du marketing au service des malades et des médecins. Des projets concrets ont vu le jour dès les premières 48 heures». Lui aussi a eu un coup de cœur pour l’idée de Shemine Asmina de regrouper dans une application mobile pour smartphone (baptisée eNPAD) tous les conseils dont un parent a besoin pour réaliser à domicile la nutrition parentérale (nutrition intraveineuse), comme savoir réagir en cas d’alarme du dispositif, ou recalculer facilement les doses à administrer en cas d’interruption intempestive.

Mais les applications développées au DigHacktion ne concernent pas que les patients. Le grand prix du jury a été attribué à Gastropod, qui vise à permettre aux internes en formation d’évaluer leur progression en endoscopie. L’impact pourrait même aller au-delà de l’endoscopie selon Claire Chauvallon, la directrice marketing de 360 Medics, une plate-forme médicale collaborative. «C’est un projet qui a le potentiel d’avoir un impact fort sur la formation des internes en chirurgie et donc sur la qualité des soins en France», assure-t-elle.

«Tous prometteurs»

Distingué par le jury, le projet Top’la, rate de peu le grand prix du jury, mais l’appli destinée aux parents dont l’enfant a du mal à manger, devrait se développer, assure l’orthophoniste Charlotte Pereira: «Parfois les parents croient que l’enfant ne veut pas manger alors qu’il ne peut pas car il n’a pas acquis les réflexes nécessaires».

Les industriels du médicament étaient aussi présents. L’application Mici Cook, des recettes personnalisées pour les personnes atteintes de maladies inflammatoires chroniques de l’intestin (Mici), a ainsi retenu l’attention du laboratoire MSD France. «Les professionnels de santé soulignent l’importance de la nutrition dans la prise en charge des patients atteints de Mici», explique Boris Danilovic, directeur de l’unité thérapeutique hôpital de MSD France. Le jeu vidéo Poopy, destiné aux enfants atteints de Mici, a lui séduit le laboratoire Takeda France: «C’est définitivement un format moderne totalement adapté aux jeunes atteints de Mici, explique son référent médical pour la gastro-entérologie, le DrAlexis Gillet, cela fait sens pour nous d’aider à améliorer le parcours des malades». Mounia Abarqi, responsable marketing digital international de Servier, a aidé les différentes équipes, «pour l’expérience humaine et parce que les projets proposés sont tous prometteurs en matière d’innovation avec un bénéfice réel pour les patients et les professionnels de santé», explique-t-elle.

Une action concrète pour soulager la charge mentale des parents d’enfants malades

Aurélie Nègre, chef de projet de la Filière de santé maladies rares du foie de l’adulte et de l’enfant

Laurent Corazza, cofondateur de Digilityx, une société de conseil en digital, est emballé par le projet «Quotidien patient», des étudiants du master marketing pharmaceutique de Paris-Saclay. «C’est le seul projet qui traite d’oncologie et ils ont fait un boulot formidable», remarque Laurent Corazza. L’application veut partager des témoignages vidéos motivants entre patients avec un cancer.

Présidente de la Fédération d’union nationale d’associations de patients luttant contre l’obésité (Flona), Patricia Nowak a un coup de cœur pour Teddy2care, l’appli qui facilite le suivi par les parents des traitements et des rendez-vous des enfants après greffe du foie, lorsqu’ils sont revenus à la maison. «Cette application prend soin de l’aidant, c’est aussi important pour bien prendre soin d’un enfant malade». Même enthousiasme d’Aurélie Nègre, chef de projet de la Filière de santé maladies rares du foie de l’adulte et de l’enfant, qui va mettre ce réseau au service de Teddy2care, «une action concrète pour soulager la charge mentale des parents d’enfants malades», se félicite-t-elle. Enfin, challenge technologique, Glutect rêve d’être le premier détecteur portable de gluten par infrarouge.